Le portage – Les écharpes

Cette semaine, nous allons nous intéresser au portage en écharpe. En résumé, il s’agit d’installer bébé dans une longue bande de tissu dans laquelle on s’enroule ensuite façon momie qu’on vient ensuite nouer sur soi de façon sécuritaire. Pas de panique, ce n’est pas aussi compliqué que ça en a l’air, certains nœuds sont très simples, et aucun n’est insurmontable avec un peu de pratique. Il existe deux types d’écharpes, les tissées et les tricotées.

Les écharpes tissées

Les écharpes tissées sont certainement les plus répandues. Pour être adaptées au portage, elles doivent respecter un certain nombre de critères, notamment de solidité, de bonne tenue des nœuds et d’élasticité dans les diagonales pour bien épouser la position de bébé, c’est pourquoi on ne doit pas utiliser un simple tissu d’ameublement, mais choisir un tissage en sergé ou en jacquard.

Les écharpes permettent un portage ventral, dorsal ou encore sur la hanche, en fonction de l’âge de bébé, de ses préférences (et de celles du porteur!) et de la taille de l’écharpe. Celle-ci peut varier de 2,70 à 5,20 m en longueur, sur une largeur généralement comprise entre 60 et 70 cm. Pour un porteur de corpulence « standard », on considère qu’une taille 6 (4m60) permet de réaliser la totalité des nœuds existants. Une plus courte, 3m20 ou 3m60 par exemple, permettra de réaliser d’autres nœuds moins gourmands en tissu, ce qui est généralement très appréciable en été.

En ventral, on peut par exemple porter en kangourou ou en enveloppé-croisé. Le double-hamac est très confortable, quoiqu’un peu plus technique. Le hanche à boucle permet un portage ventral ou sur la hanche.

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Kangourou – Photo Firespiral Slings

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Enveloppé croisé – Photo Baie Slings

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Double hamac – Photo Lennylamb

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Hanche à boucle – Photo Yaro Slings

 

Le nœud le plus simple pour porter au dos est le kangourou. Le double-hamac est un peu plus complexe, mais sera plus confortable avec un bébé plus lourd, puisqu’il sera soutenu par deux couches. Le double-hamac inversé, quant-à-lui, est aussi soutenant que le double-hamac, avec l’avantage de ne pas nécessiter de bande passante, il sera donc moins chaud en été.

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Kangourou dos – Photo Wrap you in love

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Double hamac dos (vue de devant) – Photo Firespiral Slings

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Double hamac dos (vue de dos) – Photo Firespiral Slings

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Double hamac inversé – Écharpe Lana

Au niveau des matières utilisées, beaucoup sont en coton. En été, une écharpe en coton-lin, coton-chanvre, ou 100 % lin sera très agréable. Une écharpe contenant du bambou sera très douce, parfaite pour un nouveau-né. On peut aussi trouver des écharpes contenant de la laine, de la soie, et d’autres compositions plus exotiques et luxueuses.

Quant aux prix, on peut trouver des écharpes de bonne qualité à petit prix, comme les Ling Ling d’Amour, ou en occasion on peut trouver des Girasol à 15-20€. Storchenwiege, Néobulle sont de bonnes marques pour démarrer. Les Yaro, pas nécessairement plus chères, sont à mon avis celles qui ont le meilleur rapport qualité-prix. Dans la même gamme, Lennylamb et Didymos sont également des marques de référence. Plus chères mais de très bonne qualité, j’aime beaucoup les marques Baie Slings, Firespiral et Oscha.

Personnellement, je déconseille Amazonas, notamment les plus anciennes, qui sont de véritables hamacs impossibles à manier.

Dans tous les cas, acheter d’occasion vous permettra d’avoir une écharpe déjà « rôdée », donc souple et douce, bien plus facile à prendre en main qu’une écharpe neuve qu’il vous faudra assouplir.

Les écharpes tricotées

Les écharpes tricotées sont en jersey, avec ou sans élasthanne. Plus souples et plus élastiques que les tissées, elles ne s’utilisent pas de la même manière, il faut faire des nœuds à trois couches. Très appréciées en général avec un nouveau-né pour leur effet « cocon », elles sont en général utilisables moins longtemps à cause de leur « effet rebond » quand bébé grossit. En été, la plupart des tricotées seront trop chaudes pour être utilisées confortablement.

Les écharpes tricotées permettent le portage ventral, sur la hanche, et éventuellement dorsal (mais compliqué à réaliser, vu qu’il faut trois couches d’écharpe sur bébé !)

Avec une tricotée avec élasthanne, le nœud le plus fréquent est le croisé enveloppé. Son gros avantage est d’être un nœud « pré-installé », que l’on fait sur soi avant d’y installer bébé. Très pratique pour les trajets en voiture par exemple, puisqu’on a pas à refaire le nœud sur le parking. Il nécessite cependant de prendre le coup de main pour bien l’ajuster. La plus connue de ces écharpes en France est la Je Porte Mon Bébé (JPMBB). Celle de Lana est également de très bonne qualité, ainsi que les Hanawrap. Pour ma part je préfère la Hana, qui a l’avantage d’être en bambou /coton et plus respirante pour l’été.

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Photo Hanawrap

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Photo Je Porte Mon Bébé

Une tricotée sans élasthanne ne permet pas de pré-installer le nœud, on préférera l’utiliser avec un enveloppé-croisé pans déployés. Lana en commercialise plusieurs modèles, en simple ou double jersey. La Wrapsody hybride est également une bonne référence.

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Photo Lana

Les marques à éviter : Nature et Découverte, Aubert, Redcastle, Babymoov.

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Je termine par les recommandations de sécurité : bébé doit être installé « à portée de bisou », ni trop haut ni trop bas, il ne doit pas être enfoui dans le tissu, ses voies respiratoires doivent être dégagées, il ne doit pas être trop vêtu (l’écharpe compte pour une couche de vêtements !) En été, évitez de porter aux heures les plus chaudes, ou en plein soleil. En hiver, l’idéal est de porter bébé sous un manteau ou un poncho de portage, qui couvrira le porteur et le bébé. Faites attention à ses extrémités. Il faut bien sûr vérifier régulièrement que tout va bien.

Enfin, cela peut paraître évident, mais on ne fait pas de ski, de vélo ou autre sport avec un bébé en écharpe 😉

Il existe de nombreuses vidéos sur Youtube pour apprendre à utiliser une écharpe, celles de Bébé se porte bien notamment sont très bien faites, ou celles de Wrap you in love (en anglais). Cependant, rien ne remplace un atelier avec une monitrice formée, qui saura vous aiguiller vers le type de porte-bébé qui vous convient et vous montrer comment l’utiliser en toute sécurité.

J’espère que toutes ces belles images vous auront donné envie de porter, et rendez-vous dans quinze jours pour parler des slings 😉

Le portage – Un peu de théorie

Après la longue introduction de la dernière fois, cette semaine je vais parler du pourquoi du comment du portage 😉

Petit aparté avant de rentrer dans le vif du sujet : qu’est-ce que le portage physiologique ? Dans l’article introductif je n’ai pas utilisé ce terme par souci de lisibilité, et je ne l’utiliserai plus ensuite, car pour moi c’est le seul mode de portage qu’il faut diffuser (certes il vaut mieux un bébé porté de façon non-physiologique qu’un bébé qui ne serait pas porté du tout, mais il n’empêche que ce n’est pas ce dont je parlerai). Mais revenons à nos moutons, la définition du portage physiologique. Eh bien, c’est tout simplement le portage qui respecte la physiologie du bébé, qui ne le contraint pas à adopter une position qui n’est pas celle qu’il aurait naturellement. Et comme des images parlent mieux que des mots, voici deux schémas explicatifs : l’évolution de la position physiologique du bébé au fur et à mesure qu’il grandit, et un schéma de la différence entre une posture physiologique et une non-physiologique.

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Il faut savoir qu’une grande partie des moyens de portage que l’on trouve dans les magasins spécialisés en puériculture sont non-physiologiques, et donc à éviter. Cependant si on vous a offert un porte-bébé non-physio, il existe des moyens pour le rendre davantage physiologique, comme expliqué sur cette image :

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Certains sont même dangereux, à bannir absolument, comme les « hamacs », car il y a un risque d’étouffement pour le bébé :

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Voilà, maintenant que j’ai précisé qu’ici je ne parlerai que de portage physiologique, c’est parti pour la « théorie » du portage, en commençant par le commencement : pourquoi porter bébé ?

On peut classifier les mammifères en trois sortes :

  • Les nidifuges, comme les chevaux par exemple, dont les poulains sont capables de suivre leur mère une heure après la naissance
  • Les nidicoles, comme les chats, incapables de se déplacer pendant longtemps, aveugles à la naissance, mais capables de rester longtemps cachés dans le « nid » en attendant le retour de leur mère partie chasser
  • Les portés, incapables d’être autonomes mais aussi de rester seuls dans le nid. On distingue les portés passifs, comme le kangourou, et les portés actifs, qui s’accrochent à leur mère, comme les singes, et les humains. Sauf que nous nous avons perdu nos poils, bébé ne peut donc pas s’accrocher. C’est là qu’interviennent les portes-bébés, dont on trouve des traces dans toutes les civilisations.

Le portage fait donc tout simplement partie de nous, il sécurise le nouveau-né et peut aider à construire le lien avec ses parents, favorise l’allaitement par la proximité avec la mère, apaise les pleurs et endort bébé. C’est aussi un formidable outil du quotidien, qui libère les mains pour cuisiner, étendre le linge ou tout simplement s’occuper des aînés. Plus grand, bébé y trouvera un poste d’observation idéal pour découvrir le monde tout en gardant la possibilité de se cacher contre le porteur s’il se trouve surstimulé. On peut aussi porter un bambin fatigué au retour d’une balade, bien plus confortablement que sur les épaules de papa ou à bras 😉 Le portage peut également être recommandé dans le traitement de certains problèmes de hanches. Autre atout non négligeable, il est souvent plus facile de se déplacer avec un bébé porté qu’avec une poussette : dans les transports en commun, en ville avec les trottoirs encombrés (ou inexistants, ou pas assez larges), en forêt, en montagne (pas pour faire de l’escalade quand même hein, ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit, il ne s’agit pas d’aller faire un sport extrême avec bébé au dos) ou à la mer ! Enfin, à moins de jeter son dévolu sur une écharpe de grand luxe, un moyen de portage vous coûtera bien moins cher que la poussette trio dernier cri que le magasin de puériculture essayera de vous vendre comme étant IN-DIS-PEN-SA-BLE !

En bref, le portage permet de materner bébé tout en se simplifiant la vie, que du bénéfice !

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Rendez-vous dans quinze jours pour parler de la première catégorie de porte-bébé, les écharpes 🙂

Le portage – Introduction

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Le portage est un sujet qui me tient à cœur. Avant la naissance de Poulette, je ne connaissais pas du tout, mis à part quelques images de femmes africaines portant leur bébé au dos. J’avais ma poussette, et n’avais pas poussé la réflexion plus loin. Mais un peu plus tard, en recherchant des informations sur l’allaitement, je suis tombée sur un forum concernant le maternage. Dans ce forum, il y avait toute une section dédiée au portage. Et là ça a fait tilt, le portage c’était chouette, bien plus que la poussette. Ni une ni deux, je m’achète ce qui me paraît le plus simple à l’époque, une écharpe tricotée Je Porte Mon Bébé (JPMBB pour les intimes). Après quelques essais peu concluants, je cherche une monitrice, fait un atelier, mais ne persévère pas trop à la maison. Poulette n’apprécie pas, je n’arrive jamais à bien la régler, bref j’abandonne. Quand Poulette est un peu plus grande, j’achète un mei tai, que je trouve beaucoup plus simple d’utilisation, et nous voilà parties !

Finalement je ne l’ai pas tant portée que ça, m’étant trouvée limitée par mon appréhension de la porter au dos, la reprise du travail, et aussi le fait que dans la poussette, elle dormait y compris au retour des balades, ce qui me permettait de souffler un peu…

J’ai retenté l’aventure avec Petit Chat, cette fois-ci armée d’un sling, d’une écharpe et d’un cours de portage prodigué par une amie monitrice. Le sling a tout de suite été adopté, tellement c’est pratique au quotidien et pour les câlins. Pour l’écharpe, j’ai failli abandonner cette fois encore, et attendre ses 4 mois pour le porter en mei tai comme sa grande sœur. Mais j’ai décidé de persévérer dans mes nouages approximatifs, et finalement découvert tous les bienfaits du portage ! Aujourd’hui Petit Chat a 16 mois et il est encore porté régulièrement, même si ça devient forcément plus rare entre la reprise du travail et ses envies d’indépendance. Mais un coup de mou, envie d’un câlin, ou bien maman qui veut plier son linge tranquille, hop je dégaine le sling ou l’écharpe et hop c’est parti !

Et me voilà donc maintenant à parler portage sur ce blog, histoire de convertir mes milliers de lecteurs :p (quoi j’ai pas le droit de rêver ? Bon bon, histoire de convertir les 2 ou 3 personnes qui pourraient passer par ici alors…)

Vu l’ampleur du sujet, plutôt que de faire un article de trois kilomètres, j’ai décidé de l’aborder dans une série d’articles, dont je mettrai les liens au fur et à mesure à la fin de celui-ci.

Ne ratez pas la suite dans quinze jours !

Articles suivants :
Un peu de théorie
Les écharpes
Les slings
Les préformés
Les portages d’appoint